« Aïe aïe aïe, j’ai mal !!! » Mais êtes-vous sûr qu’il n’y a que ça ?

 

Douleur

 

« Je n’en peux plus », « J’ai trop mal », « Je vais mourir », « je suis cassé de partout » , à fleur de peau, hypersensible, angoisse, peur, malaise, blessure, plaie, calvaire, supplice, très grande gêne, bobo, détresse, gémissement, … Bon je crois que l’on a fait à peu près le tour de tous les synonymes pour dire « Aïe ! ».

On a souvent l’impression que la douleur ne peut que se subir et c’est tout ! Mais qu’en est-il des fakirs et autres mangeurs de couteaux ? Et comment est-ce possible de faire des opérations sous hypnose : ne pas avoir mal et ne rien sentir juste avec la force de sa pensée ?

Comment est-ce possible de dompter la douleur ? Est-ce inné ou acquis ? Y-a-t-il des trucs ? Quels sont les pièges ? Et si la douleur avait un autre sens que « Aïe » ?

 

 

Que connaissons-nous de la douleur ?

La science et la médecine nous disent que la douleur est une expérience physiologique désagréable, se manifestant sous différentes formes : blessure, piqûre, crampe, déchirure, claquage, fracture, maladie, frustration, déception, mots, … Elle est complètement subjective, elle peut être physique et émotionnelle et elle est liée à un message envoyé par le système nerveux du corps.

Les récepteurs sensoriels de la douleur sont les récepteurs nociceptifs : ils réagissent aux intensités fortes qui déstabilisent l’état d’équilibre du corps. Ce sont les alarmes de défense de notre être. Ils peuvent être cutanés, musculaires et articulaires.

La douleur est constituée de 4 composantes :

  • La composante comportementale : qui est l’ensemble des manifestations observables face à la douleur : verbales (gémissements, cris, …), physiologiques (rougeur, pâleur, plaie, peau, muscle, squelette, …) et motrices (immobilisé, agitation, posture, …).
  • La composante sensori-discriminative : qui réunit tous les mécanismes neuropsychologiques de la nociception : nature, intensité et évolution de la douleur.
  • La composante affective : qui correspond à l’état mental associé à la douleur perçue. Les émotions désagréables, qui découleront de la douleur, pourront influencer les états neuronaux et donc la circulation du message de douleur. Je développerais ce point un peu plus bas.
  • La composante cognitive : qui correspond à tout le système d’analyse, de mémorisation, d’interprétation et de réaction face à la douleur.

Il existe 2 grands types de douleur :

  • Aigüe : signal d’alarme de l’organisme ponctuel qui demande une réaction immédiate (brûlure, choc, plaie, maladie, …).
  • Chronique : installation durable de la douleur = maladie = dysfonctionnement d’un/des mécanisme(s) du corps (migraines, neuropathies, artérites, membre fantôme, lombalgies, …).

Retrouvez le classement complet des douleurs réalisé par : l’Association Internationale, qui l’étudie.

Les médecines alternatives nous disent que la douleur est un message envoyé par le corps pour communiquer avec le mental. Plus spécifiquement, c’est un message qui a un autre sens que « Aïe ». Effectivement, si l’on décortique le mot « Maladie », on peut lire « Mal-a-dit ». Cela signifie donc : qu’est-ce que le mal vous dit ? Quel est le message de votre corps ? Que se passe-t-il en vous pour créer ce message ?

La difficulté majeure de notre organisme est qu’il utilise un langage propre à lui-même, c’est le langage corporel. Il est bien différent du langage du mental, qui est le langage rationnel.

Depuis quelques décennies, les Hommes se demandent ce que signifie ce « Aïe », y-aurait-il un autre sens ? Et la réponse est bien sûr oui !

Les précurseurs de ces découvertes sont Lise Bourbeau, avec son livre « Ton corps dit « Aime-toi ! » » et Louise L.Hay, avec son livre « Aimez votre corps ».

Pour faire simple, elles expliquent que notre corps nous parle en permanence mais que, comme nos cultures ne sont pas vraiment familiarisées avec l’écoute de soi et le fait de prendre soin de soi, nous ne percevons plus ces messages, à contrario des Asiatiques ou des Hindous.

Le sens réel de ce message est donc : « Respecte-toi ! », « Fais attention à toi ! », « Prends du temps pour toi ! ». C’est un message d’alerte et de protection, qui vous indique qu’un déséquilibre est en train d’apparaître en vous et que, si vous ne faites rien, ce sera pire. Ce message est mis sous la forme d’un symbole, d’une métaphore, pour que vous soyez actif et responsable de votre corps et de votre santé. Pas facile à mettre en œuvre certes, mais comme tout s’apprend et tout peut changer, il suffit de s’y mettre !

Pour comprendre comment fonctionne votre corps, je vous renvoie vers notre article Votre corps : un ami qui vous veut du bien !

 

 

Détection de la douleur ?

Plusieurs mécanismes internes permettent à notre corps de détecter la douleur :

  • Douleur neurogène (crampes, spasmes, fourmillements, brûlures, osseuses, musculaires, …) : activation du système nerveux périphérique (= nerfs moteurs, sensitifs, des membres et des organes système nerveux central). Elle est ressentie comme une décharge électrique, élancement, brûlure, froid, picotement, douleur fantôme, …
  • Douleur de nociception (récepteur nocicepteur cutané, musculaire et articulaire) : activation d’un signal d’alarme, au niveau du système nerveux central (= cerveau, moelle épinière et cervelet), en présence d’une atteinte à l’intégrité physique pour générer une réaction adaptée
  • Douleur psychogène : douleur causée uniquement par des facteurs psychologiques, émotionnels et comportementaux : somatisations

 

 

Comprendre la douleur : mode d’emploi ?

L’astuce principale est de comprendre que depuis tout petit, nous sommes éduqués à apprendre que le signal de la douleur ne veut dire que « Aïe »… Et s’il y avait un autre sens ?

Si depuis tout petit, nous avions appris que le vert était le rouge, comment seraient ces couleurs aujourd’hui ? Comment serait votre perception ?

Pour changer vos perceptions et comprendre la douleur, suivez votre organisme :

1- Détection : prenez conscience de la douleur et localisez l’endroit qui dit « Aïe »

2- Signification physique : définissez la fonction physique de la partie qui a mal : à quoi sert-elle ? Que puis-je faire avec cette partie de mon corps ? Permet-elle de bouger, de courir, d’agir, de dormir, … ?

3- Signification émotionnelle : reprenez cette même fonction, prenez du recul et observez maintenant votre état émotionnel et ce qui bloque dans votre tête, dans votre personnalité et dans votre vie. Lorsqu’il y a une douleur, c’est que plusieurs forces s’opposent ou se bousculent pour aller dans plusieurs directions.

4- Signification mentale : le message du corps est symbolique, métaphorique. La réponse de vos difficultés est donc en vous. Il sera alors nécessaire de faire un petit travail d’introspection. La clef principale est la connaissance de soi. Le but est d’être d’accord avec soi-même à 100%. Plus vous vous connaîtrez, plus vous pourrez être à l’écoute de vous-même et plus tôt vous pourrez entendre et prendre en compte les messages de votre corps et donc restez en bonne santé. Voici quelques idées de méthode pour être plus à l’écoute de vous-même : méditation, sophrologie, yoga, hypnose et autohypnose, …

5- Disparition : une fois que le corps a délivré son message, la douleur diminue. Une fois que le mental a entendu et compris le message et que le changement et le nouvel équilibre se sont installés, le malaise peut disparaître.

L’efficacité de cette pratique réside dans votre régularité à prendre soin de vous, à être honnête et à l’écoute de vous-même et de vos propres besoins, et dans votre volonté à créer des changements durables et bénéfiques pour vous. Cette méthode fonctionne aussi bien du petit bobo jusqu’au cancer ou à l’accident. C’est une vraie rééducation de votre mental, de vos habitudes et de vos repères. Vous pouvez aussi en faire votre hygiène de vie, ce qui vous permettra d’éviter de tomber malade.

 

Exemple :

  • Détection : mal aux jambes
  • Signification physique : les jambes servent à se déplacer dans l’espace et à se stabiliser
  • Signification émotionnelle : êtes-vous tiraillé ? Comment vous sentez-vous ? Quel est votre état émotionnel ? Etes-vous inquiet ou incertain dans vos décisions, en lien avec des avancements dans votre vie ?
  • Introspection : où voulez-vous aller dans votre vie en ce moment ? Dans quelles directions ? Hésitez-vous ? Avez-vous peur ? Vous sentez-vous stable ou instable ? Vous interdisez-vous d’aller dans telle ou telle direction ? Pourquoi ?
  • Disparition : Comment pouvez-vous être d’accord avec vous-même ? Prenez des décisions et passez à l’action pour créer des changements et retrouver un nouvel état d’équilibre plus sain pour vous.

Si cela perdure, il est possible d’apprendre à gérer le signal de la douleur autrement.

 

 

Comment gérer la douleur autrement : mode d’emploi ?

Afin de comprendre et piloter la douleur autrement, suivez les étapes suivantes et apprenez à faire comme l’anesthésie par l’hypnose :

0- Conviction : plus vous y mettez de la volonté, de l’engagement et de l’envie, plus les étapes suivantes fonctionneront !

1- Echelle : évaluez votre douleur de 0 à 10 – désagréable à insupportable

2- Accueil : plus vous refuserez la douleur, plus elle s’amplifiera. L’accueillir, ce n’est pas être obligé, c’est choisir de lui dire « Bienvenue ! Quel est ton message ? »

3- Respiration : fermez les yeux et concentrez-vous sur votre respiration : inspirez le bien-être et expirez la douleur en dehors de votre corps. Plus l’expiration sera longue, plus vous pourrez réguler l’intensité de la douleur

4- Dissociation : ne plus s’identifier à la douleur. Je sais que lorsque cela fait mal, cela fait vraiment mal et ce n’est pas pour de faux ! Essayez donc de regarder la douleur, comme si vous étiez un observateur extérieur de la scène. Changez votre langage. C’e n’est pas « J’ai mal », mais « Il y a une douleur dans mon corps ». Cela permet de prendre du recul pour se concentrer sur autre chose à l’extérieur de vous

5- Signification : Et si votre corps vous parlait ? La douleur a une intention positive à votre égard. N’étant qu’un signal électrique, il peut donc prendre une infinité de sens réel : email, lumière, son, informations, … Comme notre corps veut nous protéger face au danger, amusez-vous à donner, à la douleur, un sens compréhensible et positif par votre cerveau. Je vous renvoie au paragraphe précédent pour comprendre le sens réel du message

6- Déformation : imaginez dans votre esprit la douleur : formes, couleurs, sons, odeurs, textures, … et amusez-vous à tout changer, avec votre imagination, pour que ces paramètres soient beaux, amusants et légers. Il n’y a pas de limite !

7- Gant anesthésique : imaginez que vous pouvez recouvrir la zone douloureuse avec un gant de protection, qui créera une anesthésie locale, comme un gant pour prendre un plat dans le four : vous ne sentez plus rien !

8- Echelle : réévaluez votre douleur de 0 à 10

 

Exemple : maux de ventre

  • Accueil : fermez les yeux, détendez-vous, concentrez-vous sur votre douleur et dites-lui simplement « Bonjour »
  • Respiration : écoutez et concentrez-vous sur votre respiration : inspirez les maux de ventre et expirez la douleur en dehors de votre corps pour la faire sortir
  • Dissociation : devenez observateur de la douleur. C’est comme si vous pouviez sortir de votre corps. Décrivez la douleur de manière objective et détachée : « Il y a une sensation dans le ventre, comme des boules ou des nœuds, cela pique, cela dérange, c’est gênant, … »
  • Signification : grâce à votre imagination, découvrez l’intention positive qui se cache dans la douleur. Ce n’est qu’un message : le ventre étant le siège des émotions, quelle émotion êtes-vous en train de vivre et que vous gardez en vous ? Qu’est-ce que vous ne dirigez pas en ce moment ?
  • Déformation : grâce à votre imagination, imaginez cette boule dans votre ventre : grosse, petite, grande, épaisse, rouge, bleue, noir, odeur, sons, … Maintenant, changez toute son apparence pour qu’elle soit jolie et agréable. Ex : grosse boule, lourde, violette foncée, qui sent mauvais, pleine de pique… Transformation : boule moyenne, lisse, légère, rose et jaune, qui donne envie de sourire, puis petite boule verte et bleue qui diminue jusqu’à disparaître totalement…
  • Gant anesthésique : grâce à votre imagination, imaginez que vous pouvez recouvrir la zone douloureuse avec un gant : un beau gant, tout doux, lisse, délicat, qui réconforte et apaise. Il englobe toute la douleur jusqu’à disparition totale. Le gant reste sur la zone tout le temps que nécessaire pour aller mieux…

Toutes ces méthodes sont complémentaires à la médecine conventionnelle et ne la remplace pas. Si vous n’êtes pas sûr, consultez un professionnel.

 

 

 

Pour aller plus loin :