Conflit de génération, langage de sourd… Et s’il était possible de se comprendre à tous les âges ?

 

Comprendre mon enfant

 

« Au secours, mon enfant est un ange le matin et un diable le soir… », « je n’arrive pas à lui parler et à me faire comprendre », « c’est la crise d’adolescence, je n’y peux rien… », « tu comprendras lorsque tu seras plus grand », « il est adorable chez les autres et avec moi, c’est la guerre à la maison… », « je n’y arrive plus… ».Tant de situations familières où un simple mot se transforme en tornade incontrôlable et dévastatrice… Dur dur la communication parents-enfants !

Depuis que je suis tout petit, j’entends toujours le même refrain autour de moi à propos de l’éducation et du lien parent-enfant : « Il n’y a pas de mode d’emploi… ».
Et pourtant, je suis sûr que si vous regardez bien autour de vous, vous trouverez des parents qui s’en sortent bien avec leurs enfants : être à l’écoute les uns des autres sans crier, se faire obéir simplement, communiquer avec le sourire, éduquer sans punition ni récompense, être soi-même sans façade, … En somme, un échange parent-enfant, qui pourrait paraître privilégié pour certains, mais qui est bien réel, concret et pas impossible à atteindre !
Qu’est-ce que ces parents-là ont compris ? Comment font-ils pour ne pas tomber automatiquement dans les pièges de leurs enfants ? Quels sont leurs trucs ? Sont-ils des super-héros ? 🙂

Pour faire simple, ils ont compris qu’il était nécessaire d’être dans un lien de « collaboration » et non de « confrontation » avec leur enfant.

En effet, jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, notre histoire, notre culture et notre éducation nous poussaient à croire que les enfants étaient « bêtes » et « incapables ». Souvenez-vous de ce temps où l’on parlait aux enfants avec des « areuh areuh gazou gazou » et où il fallait tout faire pour eux tout le temps… Ces croyances ont donc poussé l’adulte à se mettre dans une position de supériorité « Je sais tout » par rapport à l’enfant « Je ne sais rien »… Etant dans une découverte totale d’un monde inconnu, et, malgré la bienveillance et le soutien de ses parents, l’enfant grandit en utilisant ses propres moyens, sans vraiment se sentir compris par son entourage et en étant, en plus, malmené par ses propres émotions… Vous pensez bien que, dans cette atmosphère électrique, la communication et les échanges sont très vite devenus des conflits et des incompréhensions perpétuels et un défi de tous les jours…

Bon heureusement, la conscience de l’Homme évoluant, aujourd’hui, nous savons que nos enfants sont intelligents dès la grossesse et qu’ils ont même, quelquefois, une lucidité plus développée que les adultes sur certaines choses de la vie.

En associant l’éducation de maintenant et l’éducation positive et collaborative, cela permet aux enfants de rester connectés à leurs capacités naturelles et de les développer énormément et très rapidement.

Pour mieux comprendre les enfants, voici les grandes étapes de l’évolution psychologique d’un enfant et 10 astuces pour que la vie de tous les jours soit plus simple.

 

 

Evolution psychologique d’un enfant :

D’après différents spécialistes (Skinner, Piaget, Bandura, Freud, Erickson, Vygotsky, Winnicott, Spitz, Wallon ou encore Gibson), les grandes étapes de développement de l’enfant sont :

  • Avant la naissance (grossesse) :
    • Développement physique de l’enfant et création de l’inconscient
    • Mise en place d’un bagage familial génétique, psychologique et émotionnel = bagage transgénérationnel
  • Nouveau-né (de la naissance à 1 an) :
    • Développement physique, moteur, émotionnel, comportemental et social
    • Utilisation immédiate du principe « d’action-réaction ». Ex : j’ai faim, je pleurs, j’ai à manger, je suis content et j’arrête de pleurer, …
    • Pleurs et sourires sont les moyens principaux de communication du bébé
    • A 8 mois, il se voit comme un être individuel. Il n’est plus en fusion avec sa mère.
    • Utilisation de ce que l’on appelle « la modélisation » (processus d’imitation) pour apprendre et se développer à travers les modèles qu’il a autour de lui : transmission consciente et inconsciente des parents de leur fonctionnement personnel (intellectuel et émotionnel)
    • Construction, dans son esprit, sa propre vision du monde et prend ses propres décisions : individualisation
    • Début de la construction de sa confiance en lui, de l’image, l’amour et l’estime de soi – Création des premières croyances
    • Dépendant dans sa famille et de ses proches
  • Petite enfance (1 à 6 ans) :
    • Le langage devient la parole
    • Le développement de l’enfant dépend de son environnement et des stimuli du quotidien
    • Position debout : découverte et exploration active du monde autour de lui
    • Ne vit qu’à travers son imagination et les émotions : mode « éponge »
    • Besoin d’avoir des repères fixes, connus et compris : pose beaucoup de questions : « Pourquoi ??? »
    • Le « Non » et l’opposition permettent à l’enfant de faire la différence entre ses propres besoins et ceux de ses parents. Ce n’est donc pas juste un défi. Cela lui permet d’exister par lui-même, en testant et en découvrant ses propres limites et les limites du monde qui l’entoure.
    • Complexe d’œdipe : amour du parent du sexe opposé et découverte de la dualité et de la sexualité
    • Construction de la notion de « Temps » : hier, aujourd’hui et demain
  • Enfance (6 à 13 ans) :
    • A l’école : l’enfant se structure et découvre le côté rationnel et se sociabilise avec le monde extérieur et les autres
    • Pose des questions existentielles : vie, mort, dieu, …
    • Grand besoin d’autonomie, d’initiative et de découverte du monde
    • Découverte du droit, devoir, justice et injustice : besoin important d’explication des règles, il veut tout comprendre
    • Découverte et observation du sexe opposé
  • Adolescence (13 à 18 ans) :
    • Recherche d’identité, pudeur, hostilité au conformisme, refus de tout ce qui vient de l’extérieur car il ne sait ce qu’il veut lui-même
    • Création de sa propre vision du monde : changement et recherche de nouveaux repères et découverte de ses valeurs personnelles
    • Développement de son indépendance
    • Approche maladroite du sexe opposé
  • Adulte (18 à +) :
    • Séparation avec les parents
    • Evolution vers l’autonomie et l’indépendance
    • Finalisation de sa propre identité pour faire ses propres choix : valeurs, croyances, confiance en soi, image de soi, amour de soi et estime de soi sont les piliers de la construction d’un être humain

 

10 règles pour une éducation collaborative et positive :

1- Explications : Un enfant est intelligent : il est donc possible de tout, j’ai bien dit « tout », expliquer, en adaptant votre vocabulaire à l’âge de l’enfant. Il n’y a pas de sujet tabou ou de phrase du type « Tu comprendras lorsque tu seras plus grand… ». L’enfant fera, de toute façon, ses propres conclusions. Donc, autant que ce soit les bonnes, pour être au plus près de la réalité

2- Education : un parent fait toujours de son mieux avec les moyens qu’il a à sa disposition. Pas besoin de culpabiliser, il suffit juste de changer votre approche et votre manière de faire pour améliorer une situation. Si besoin, demandez des conseils autour de vous

3- Positif : Utiliser un langage positif pour encourager l’enfant à grandir : le cerveau ne comprend pas le « Ne pas ». Il entendra une affirmation… Il est donc nécessaire de reformuler directement avec des phrases affirmatives. Ex : « Ne traverse pas la route en courant… » L’esprit entend « Traverse la route en courant ! » et l’enfant passera à l’action… Reformulation : « Attends-moi pour traverser ! » ou « Arrête-toi devant la route et traverse avec moi, stp ! »

4- Construction : Transformer les difficultés en objectifs à atteindre. Cela donnera envie à votre enfant de se dépasser et de progresser

5- Evolution : Accompagner votre enfant à passer à l’action grâce à : erreur, échec = apprentissages et progression. Votre expérience et votre maturité d’adulte permet de l’expliquer simplement à un enfant

6- S’amuser : Tout ce qui est ludique est plus facile d’accès pour un enfant : utiliser le jeu pour permettre à l’enfant d’apprendre et comprendre son environnement (risques, dangers, règles, limites, …)

7- Estime de soi : Au commencement, tout le monde est nul car il ne connaît pas et ne sait pas faire, et c’est normal. Il ne reste plus qu’à apprendre, passer à l’action et être fier de soi. Ne pas savoir faire est donc différent d’être nul

8- Confiance en soi : Mettre en avant les réussites et les solutions (face aux difficultés présentes) est très efficace pour bien grandir, plutôt que d’appuyer sur les défauts et les échecs

9- Apprentissage : il n’y a pas qu’une seule manière pour apprendre car il y a plusieurs formes d’intelligences. Trouver celle de votre enfant et son évolution sera alors plus adaptée et mieux vécue par ce dernier

10- Repères : un enfant ayant besoin de repères fixes pour grandir, il est indispensable de mettre en place des règles, autant à la maison que dehors. Le plus efficace est de co-construire les règles avec votre enfant, en lui expliquant l’utilité et l’importance de celles-ci. Il est donc nécessaire que les parents soient en phase sur leur éducation. Sinon l’enfant choisira toujours ce qui l’arrange. Ex : Papa qui dit « oui », Maman qui dit « non », Papa qui reste sur ses positions et Maman qui change d’avis très rapidement… L’enfant exploitera et jouera avec vos failles.

 

Dernière astuce : Patience et lâcher-prise

Autorisez-vous à laisser faire votre enfant pour qu’il apprenne par lui-même.
Ex : « Range ta chambre », il ne le fait pas tout de suite, il attend 5 minutes, vous le faites à sa place et finalement, c’est toujours vous qui finissez par faire les choses pour lui…
Votre enfant a compris qu’il fallait juste attendre 5 minutes et hop « super Maman/Papa » arrive et passe à l’action… A quoi bon s’embêter alors que ce sera fait !

 

Si vous avez des cas précis que vous souhaitez éclaircir, dites-le nous dans les commentaires ! Nous nous ferons un plaisir d’y répondre.

 

 

 

Pour aller plus loin :