« Si aider les autres vous paraît trop difficile, essayez au moins de ne pas leur nuire. », Dalaï Lama

 

Aider

 

Depuis mon enfance, j’ai reçu une éducation catholique et souvent, à la messe du dimanche, j’ai entendu le prêtre expliquer qu’il était important et nécessaire d’aider son prochain.

Donc, assez vite dans ma vie, je me suis exécuté : répartition des tâches familiales, donner un coup de main à mes parents et ma famille, un peu de bricolage par-ci, du jardinage par-là ou encore un déménagement pour un ami, … Toutes les occasions étaient bonnes pour aider les autres. J’ai tellement bien écouté mon éducation qu’à force, on m’appelait « le sauveur ». Pour moi, c’était plutôt agréable et confortable. J’étais loin de découvrir le côté obscur de ce concept.

Et oui, même si certains passent toute une vie à aider les autres, les extrêmes ne sont jamais très bons pour l’être humain.

Il y a bien un piège psychologique autour du concept « Aider les autres » et il m’a fallu pas mal d’années pour m’en rendre compte et surtout pour en sortir. J’ai découvert qu’en réalité, il n’y avait pas qu’une seule manière d’aider les autres, mais plusieurs : aider, guider et inspirer les autres.

Dans le langage courant, ces 3 mots sont utilisés comme des synonymes, mais dans la construction psychologique et dans les relations humaines, cela change tout. Voyons les différences.

 

 

Aider les autres ?

Il s’agit de secourir et d’améliorer la condition de quelqu’un. Cela permettra de faciliter la réalisation et l’accomplissement de quelque chose. Aujourd’hui, ce mot est défini par la culture religieuse et a une connotation très positive dans les inconscients collectifs.

Le fait d’aider les autres est surtout basé sur une prise d’initiative personnelle de l’aidant. Il devient l’acteur principal des actions. Il ne consulte pas forcément directement les personnes aidées, qui ont peut-être des besoins différents de ce dernier.

La dérive la plus courante est de tomber dans le piège du sauveur/victime/bourreau, avec l’assistanat, la dépendance, la manipulation et, dans les cas extrêmes : pervers narcissique et violence conjugale.

En effet, la construction psychologique associée est basée sur des blessures conscientes ou inconscientes du passé, qui poussent à créer une compensation et un besoin d’aider l’autre nécessaire pour se sentir vivant et exister grâce à l’autre. Cela va donc créer une dépendance à l’autre. Et comme toutes addictions, il est nécessaire de la consommer toute la vie et de plus en plus… En réalité, ce que l’on donne à l’autre est ce que l’on a besoin de recevoir soi-même.

L’intention de l’acteur sera toujours positive, mais pourra être perçue par l’autre comme envahissante et polluante donc négative… En réalité, l’acteur principal va très rarement demander clairement quels sont les besoins de l’autre. Il justifiera ses actions par sa propre interprétation des faits et avec son bouclier d’intentions positives.

Il est même possible d’en arriver à de l’assistanat pur. L’acteur fait tout pour les autres, avec très peu de retours positifs, ce qui amplifiera sa blessure. La clef est donc de penser un peu plus à soi-même.

Pour en savoir plus, je vous renvoie vers nos articles De l’amour au pervers narcissique : les manipulations affectives et L’égoïste positif, vous connaissez ?

Ce premier stade permet effectivement d’atteindre quelques premiers changements. Vis-à-vis du développement personnel, si l’acteur n’est pas celui qui veut évoluer, les changements ne seront jamais solides et durables dans le temps.

 

 

Guider les autres ?

Il s’agit de montrer le chemin à prendre. Le guide sert de repère pour orienter le mouvement dans de nouvelles directions. Il ne fait qu’accompagner les autres. Comme il est expert de son domaine, il propose aux autres de le suivre pour leur montrer et leur expliquer les autres possibilités qui s’offrent à eux.

Le fait de guider les autres est basé sur une prise d’initiative venant de ceux qui veulent être guidés. Le guide n’est qu’un acteur secondaire. Il ne fait que suggérer des propositions. Les acteurs principaux sont ceux qui sont guidés. Pour être correctement guidés, ces derniers doivent être motivés, volontaires et engagés pour suivre le guide.

La construction psychologique du guide est saine et stable et il vit déjà pleinement pour lui ce qu’il propose aux autres. Il parle de son expérience personnelle.

La dérive la plus courante est de tomber dans le piège du « gourou ». Le guide peut devenir un manipulateur, en imposant ses propositions. Il ne sera plus dans la suggestion, mais dans le fait de diriger et d’imposer ses pensées et ses idées aux autres. Ceux qui sont guidés deviendront alors des acteurs secondaires. Et dans le pire des cas, on retrouvera alors la dynamique sauveur/victime/bourreau

Ce second stade permet d’atteindre des changements importants. Vis-à-vis du développement personnel, comme les changements sont créés par ceux qui veulent évoluer, les résultats obtenus seront solides et durables dans le temps. Le professionnel est déjà un premier modèle pour les autres.

 

 

Inspirer les autres ?

Il s’agit de provoquer et de susciter la mise en action. C’est, d’une certaine manière, influencer positivement les autres. C’est créer un état qui permet d’être dans l’imaginaire et la créativité. Cela permet de donner l’occasion aux autres de développer et d’exercer leurs talents. La personne inspirante est considérée comme un leader.

Le fait d’inspirer les autres est basé sur une prise d’initiative venant de ceux qui veulent être inspirés. Les acteurs principaux sont ceux qui sont inspirés. Ils sont motivés, volontaires et engagés pour passer à l’action. Celui qui inspire n’aide ou ne guide personne directement. C’est simplement sa façon d’être qui provoque l’inspiration.

La construction psychologique de celui qui inspire est saine et stable. Il vit pleinement pour lui et partage son expérience personnelle avec ceux qui le souhaitent.

La dérive la plus courante est de perdre pieds. Les autres transforment celui qui les inspire en idole, en Dieu. Ce dernier peut alors se déconnecter de la vie réelle et partir ensuite dans des excès multiples : drogue, alcool, … Si la personne idolâtrée n’est plus soutenue par ses fans, le retour à la réalité peut faire très mal. La stabilité psycho-émotionnelle étant garantie par les autres, il y aura alors la création d‘une dépendance et les pièges de la dynamique sauveur/victime/bourreau associée.

Ce troisième stade permet d’atteindre des changements extrêmement importants. Vis-à-vis du développement personnel, comme les changements sont créés par ceux qui veulent évoluer et, comme ils sont couplés à la créativité, l’imagination et la libération de son potentiel et de ses capacités, les résultats obtenus seront extrêmement solides et durables dans le temps. Le professionnel est un modèle pour les autres.

 

 

Où en êtes-vous et comment changer ?

Afin de déterminer à quel stade vous en êtes, déterminez les phrases qui sont les plus justes pour vous et répondez aux questions suivantes, en étant le plus honnête possible avec vous-même :

1- Aider : « C’est pour ton bien », « Je le fais pour toi », « Je veux ton bonheur et ton bien-être », « Je prends sur moi », « Ma priorité est de m’occuper des autres », « Je n’ai pas de temps pour moi », « J’adore m’occuper des autres », « Je suis centré sur les autres », « Je ne sais pas m’occuper de moi », « Je ne suis pas égoïste, ni égocentrique », « Je suis vexé si l’on refuse mon aide ».

Questions : Quels sont vraiment les besoins des autres ? Avez-vous vérifié que votre aide est vraiment nécessaire ? Est-ce que cela vous épuise d’aider les autres ? Est-ce un besoin viscérale ? Vous sentez-vous bien si vous n’avez pas de merci ou de retours de ceux que vous aidez ? Attendez-vous que l’on vous exprime clairement un besoin et une demande pour passer à l’action et aider les autres ?

Remarque : lorsque quelqu’un vient vous parler, généralement, la première aide dont il a besoin est tout simplement d’être écouté ou de recevoir juste un sourire. Vous n’avez donc rien à faire.

 

2- Guider : « Je fais des suggestions », « J’apporte d’autres possibilités », « J’ouvre le champ des possibles », « J’apporte une autre vision du monde, sans m’imposer », « J’attends que l’initiative vienne de l’autre », « Je suis juste un accompagnateur », « Je peux proposer et les autres disposent ».

Questions : Etes-vous un gourou ? Faites-vous la différence entre aider et guider les autres ? Ressentez-vous le besoin de sauver les autres ? Pourquoi guidez-vous les autres ? Qu’est-ce que cela vous apporte ? Cette place vous convient-elle ? Avez-vous confiance en vous ? Etes-vous fier de vous ? Vous acceptez-vous tel que vous êtes ?

Remarque : votre priorité doit être de prendre soin de vous pour ne pas vous perdre et ni vous oublier.

 

3- Inspirer : « Je vis pour moi », « Je suis bien dans mon corps et dans ma tête », « Je suis épanoui », « Je suis bien tel que je suis », « On me dit que je suis un modèle pour les autres », « On me dit que j’apporte de l’énergie positive autour de moi », « Je suis solide, je le sens dans mes tripes », « On me dit que je suis charismatique ».

Questions : Qu’est-ce que cela vous apporte ? Avez-vous confiance en vous ? Etes-vous fier de vous ? Vous acceptez-vous tel que vous êtes ? Etes-vous bien comme cela ? Etes-vous assez épanoui dans votre vie ?

Remarque : lorsque quelqu’un vous inspire, c’est qu’il reflète simplement les qualités « cachées » que vous avez déjà en vous !

 

Alors qu’est-ce qui vous inspire ? Quel est votre modèle ? Chanteur, acteur, musicien, … ? Quelles sont les qualités que vous aimez ? Est-il possible pour vous de le copier ? Nous attendons vos réponses en commentaires.

 

 

 

Pour aller plus loin :